Courage ou fuite ?

Face au vide de l’épuisement professionnel et face à une situation complexe, j’ai décidé de partir. De tout laisser derrière moi, de me SAUVER, dans tous les sens littéraire du mot.

Oui me sauver, de moi, des autres, et partir ailleurs. Marcher sans me retourner.

Ce fut MA solution.

Il est possible d’assimiler cela à une fuite et pourtant ce n’en fut pas une. À aucun moment je ne me suis senti en fuite, mon but étant de revenir plus fort, plus grand, reconstruit, réparé, droit. Et en accord profond avec mes actes et mes pensées. On ne fuit pas lorsqu’on part à la recherche de soi.

« Parti marcher » deux mots écrit sur un post-it collé sur la porte de mon appartement.

Fuite… Fuir… Se sauver… je crois, en ce qui me concerne, que le courage réside dans cela. Courage de partir. Courage de se regarder. Courage de s’affronter. Courage aussi de savoir que la valise sera là. Au retour. Fuir n’est pas un vain mot lorsque la compréhension du retour est présente. Alors ma fuite, si tel est le cas, est organisé pour mon bien être suivant.

Oser partir fut un acte rédempteur, une renaissance par les pas. Accueillir ce temps non pas comme une fuite mais comme un moyen pour comprendre :

– L’avant mon départ

– L’intensité du moment présent

– Mon retour

Je n’ai rien occulté. Pas même les visages décomposés de ceux qui me voyaient dévisser dans un trou sans fond. Leurs mains tendues ne tenaient qu’un espoir. Celui de me voir remonter. J’ai saisi cet espoir en lâchant leurs mains, comme lorsqu’après un bon repas ou chacun y va de son conseil et qu’au retour chez toi tu es à nouveau seul dans la nuit à ruminer tes peurs, tes faiblesses et tes attentes d’un autre jour.

Peut-on imaginer que j’ai fuis pour mieux comprendre la solitude face à moi, face à l’épuisement?

En partant je me suis retrouvé. Et avec courage je suis revenu.

Alors fuite ou courage ? A chacun de trouver le mot juste.

Pour moi, aujourd’hui, c’est juste d’avoir osé.